Dans la vue de rapport, le panneau Champs (à droite) liste toutes les colonnes de vos tables. On construit un visuel en glissant ces champs dans un visuel (Table, Graphique…) sur les zones Lignes, Colonnes, Valeurs. C'est le fameux drag & drop : on ne recopie plus une formule dans une cellule, on manipule des champs.
Une dimension décrit ; une métrique mesure. Confondre les deux, c'est produire un faux chiffre. Sur TheLook :
Le geste de base de l'analyse : répartir une métrique par une dimension. « La somme de sale_price » (métrique) « par traffic_source » (dimension) = le chiffre d'affaires par canal. Changez la dimension pour country et vous avez le CA par pays, sans rien recalculer.
Quand vous glissez un champ numérique dans Valeurs, Power BI lui applique une agrégation par défaut : le plus souvent la Somme. C'est pratique, mais ce n'est pas toujours ce qu'on veut.
| Champ posé en Valeur | Défaut Power BI | Attention |
|---|---|---|
sale_price | Somme | Correct pour le CA total |
age | Somme | Absurde : sommer des âges ne veut rien dire. On voulait une moyenne. |
user_id | Somme | Totalement absurde : c'est un identifiant, pas une valeur. |
Compter des clients illustre parfaitement le piège. SRC_USERS peut contenir plusieurs lignes pour un même client. Deux façons de compter :
user_id uniques. Plus coûteux, mais c'est le vrai nombre de clients.Cette distinction reviendra au module 5 : le nombre de clients de TheLook se calcule avec une mesure DISTINCTCOUNT(SRC_USERS[user_id]), jamais avec une simple somme.
| Visuel | Quand l'utiliser | Exemple TheLook |
|---|---|---|
| Table | Voir le détail, trier, comparer des lignes | Liste des canaux et leurs KPI |
| Matrice | Croiser deux dimensions (comme un TCD) | CA par canal × par mois |
| Histogramme / Barres | Comparer des catégories | CA par canal |
| Courbes | Suivre une évolution dans le temps | CA par mois |
| Carte (KPI) | Mettre 1 chiffre clé en grand | CA total, marge totale |
| Segment (slicer) | Filtrer la page de façon visible | Choisir un pays, un genre, un mois |
Un atout de Power BI : par défaut, les visuels d'une même page se filtrent entre eux. Cliquez sur la barre « Search » d'un histogramme, et le tableau, la courbe et les cartes de la page se recalculent sur Search. C'est le cross-highlighting : la page devient un terrain d'exploration où chaque clic pose une nouvelle question, sans rien reconstruire. On explore en cliquant, pas en refaisant.
Le cas TheLook fournit aussi un extrait d'acquisition simplifié, thelook_customer_acquisition_costs.csv — un fichier plat, propre, parfait pour explorer. Une dimension (le canal) et trois métriques (clients acquis, dépense, coût d'acquisition) :
| traffic_source | customers_acquired | marketing_spend | cac |
|---|---|---|---|
| Search | 27 401 | 120 000 € | 4,38 € |
| Organic | 5 799 | 15 000 € | 2,59 € |
| 2 432 | 80 000 € | 32,89 € | |
| 1 978 | 25 000 € | 12,64 € | |
| Display | 1 573 | 60 000 € | 38,14 € |
Ici le CAC (coût d'acquisition client) = dépense ÷ clients acquis. Organic acquiert au coût le plus bas (2,59 €), Display au plus haut (38,14 €). Ce simple tri par CAC est déjà une lecture qui peut déclencher une décision : où remettre de l'euro, où lever le pied.
CDG_TheLook_FINAL_COMPLET.xlsx et produit ses propres chiffres, sur un périmètre différent. Deux vues du même business, pas les mêmes totaux : normal, tant qu'on sait de quelle source on parle.
Le sanity check, c'est se demander avant de conclure : « est-ce que ce chiffre est plausible ? d'où vient-il ? ». C'est ce qui sépare l'analyste du cliqueur.