CK Labs — Head of Data & Analytics, Sephora
Formation Power BI
Module 4 sur 8 · Découvrir & explorer
Fil rouge : TheLook e-commerce
Découvrir & explorer
Métriques vs dimensions, agrégations, filtres et slicers — et le réflexe qui sépare l'analyste du cliqueur : le sanity check.
Module 4 / 8 Exploration Métriques & dimensions
Support 0
Intro
Pour qui, pourquoi Power BI, comment suivre.
Module 1
Le piège Excel
Pourquoi le reporting manuel vous enferme.
Module 2
Pourquoi Power BI
Le dernier kilomètre : de la donnée à la décision.
Module 3
Charger un fichier
Power Query : importer, nettoyer, fiabiliser.
Module 4
Découvrir & explorer
Métriques, dimensions, slicers, sanity check.
Module 5
DAX
Colonne vs mesure, DIVIDE, CALCULATE.
Module 6
Modélisation simple
Clés, cardinalité, schéma en étoile.
Module 7
Modélisation complexe
Multi-sources, calendrier, CAC / ROAS / budget.
Module 8
Récap & aide-mémoire
Fiches DAX, étoile, bonnes pratiques.
Bonus
Power BI & IA
L'ère agentique : piloter, mesurer, arbitrer.
À quoi sert ce module
Charger la donnée ne suffit pas : encore faut-il la lire juste. Ce module installe le couple fondamental métrique / dimension dans Power BI, montre comment l'outil agrège automatiquement (et pourquoi il faut le vérifier), et grave le réflexe du sanity check — se demander, avant tout, si un chiffre est plausible et d'où il vient.
4
Explorer TheLook sans se tromper

Le panneau Champs et le glisser-déposer

Dans la vue de rapport, le panneau Champs (à droite) liste toutes les colonnes de vos tables. On construit un visuel en glissant ces champs dans un visuel (Table, Graphique…) sur les zones Lignes, Colonnes, Valeurs. C'est le fameux drag & drop : on ne recopie plus une formule dans une cellule, on manipule des champs.

Dimension vs métrique — la distinction qui structure tout

Une dimension décrit ; une métrique mesure. Confondre les deux, c'est produire un faux chiffre. Sur TheLook :

Dimensions (elles décrivent)
Des axes de lecture
traffic_source (canal), country, gender, age, month, created_at. On répartit par une dimension.
Métriques (elles mesurent)
Des valeurs à agréger
sale_price (CA), cost (coût), margin (marge), spend (dépense média). On somme, on compte, on moyenne.

Le geste de base de l'analyse : répartir une métrique par une dimension. « La somme de sale_price » (métrique) « par traffic_source » (dimension) = le chiffre d'affaires par canal. Changez la dimension pour country et vous avez le CA par pays, sans rien recalculer.

L'agrégation automatique — pratique, mais à surveiller

Quand vous glissez un champ numérique dans Valeurs, Power BI lui applique une agrégation par défaut : le plus souvent la Somme. C'est pratique, mais ce n'est pas toujours ce qu'on veut.

Champ posé en ValeurDéfaut Power BIAttention
sale_priceSommeCorrect pour le CA total
ageSommeAbsurde : sommer des âges ne veut rien dire. On voulait une moyenne.
user_idSommeTotalement absurde : c'est un identifiant, pas une valeur.
Le réflexe agrégation
Sur chaque champ numérique posé en Valeur, ouvrez le menu et vérifiez : Somme, Moyenne, Minimum, Maximum, Nombre… Sommer un identifiant ou un âge est le piège classique du débutant. Un identifiant sert à compter ou à relier, jamais à additionner.

Compter : Nombre vs Nombre de valeurs distinctes

Compter des clients illustre parfaitement le piège. SRC_USERS peut contenir plusieurs lignes pour un même client. Deux façons de compter :

Cette distinction reviendra au module 5 : le nombre de clients de TheLook se calcule avec une mesure DISTINCTCOUNT(SRC_USERS[user_id]), jamais avec une simple somme.

Les visuels essentiels de Power BI

VisuelQuand l'utiliserExemple TheLook
TableVoir le détail, trier, comparer des lignesListe des canaux et leurs KPI
MatriceCroiser deux dimensions (comme un TCD)CA par canal × par mois
Histogramme / BarresComparer des catégoriesCA par canal
CourbesSuivre une évolution dans le tempsCA par mois
Carte (KPI)Mettre 1 chiffre clé en grandCA total, marge totale
Segment (slicer)Filtrer la page de façon visibleChoisir un pays, un genre, un mois

Slicers et filtres : deux outils, deux usages

Slicers pour explorer, pas pour décorer
Un bon slicer répond à une question métier (« et si je ne regarde que la France ? »). Multiplier les slicers « parce que c'est joli » noie l'utilisateur. Chaque contrôle sur la page doit servir une décision.

L'interactivité croisée

Un atout de Power BI : par défaut, les visuels d'une même page se filtrent entre eux. Cliquez sur la barre « Search » d'un histogramme, et le tableau, la courbe et les cartes de la page se recalculent sur Search. C'est le cross-highlighting : la page devient un terrain d'exploration où chaque clic pose une nouvelle question, sans rien reconstruire. On explore en cliquant, pas en refaisant.

Exemple d'exploration : le coût d'acquisition par canal

Le cas TheLook fournit aussi un extrait d'acquisition simplifié, thelook_customer_acquisition_costs.csv — un fichier plat, propre, parfait pour explorer. Une dimension (le canal) et trois métriques (clients acquis, dépense, coût d'acquisition) :

traffic_sourcecustomers_acquiredmarketing_spendcac
Search27 401120 000 €4,38 €
Organic5 79915 000 €2,59 €
Facebook2 43280 000 €32,89 €
Email1 97825 000 €12,64 €
Display1 57360 000 €38,14 €

Ici le CAC (coût d'acquisition client) = dépense ÷ clients acquis. Organic acquiert au coût le plus bas (2,59 €), Display au plus haut (38,14 €). Ce simple tri par CAC est déjà une lecture qui peut déclencher une décision : où remettre de l'euro, où lever le pied.

Note sur les chiffres du cas
Cet extrait CSV est une vue d'acquisition simplifiée et autonome. Le modèle complet (modules 5 à 7) travaille sur les quatre tables de CDG_TheLook_FINAL_COMPLET.xlsx et produit ses propres chiffres, sur un périmètre différent. Deux vues du même business, pas les mêmes totaux : normal, tant qu'on sait de quelle source on parle.

Le sanity check : le réflexe non négociable

Le sanity check, c'est se demander avant de conclure : « est-ce que ce chiffre est plausible ? d'où vient-il ? ». C'est ce qui sépare l'analyste du cliqueur.

1
Ordre de grandeur — un CA de 10 fois le budget annuel doit vous alerter, pas vous réjouir.
2
Total cohérent — la somme des canaux doit se rapprocher du total attendu (sinon, il manque peut-être les non-attribués — on le verra au module 7).
3
Agrégation juste — un « nombre de clients » anormalement élevé cache souvent un Count au lieu d'un Distinct Count.
Fiche mémo — explorer juste
Dimension
Décrit, sert d'axe : canal, pays, genre, mois. On répartit PAR une dimension.
Métrique
Mesure, s'agrège : CA, coût, marge, dépense. On somme, compte, moyenne.
Agrégation par défaut
Souvent la Somme. À vérifier : jamais sommer un id ou un âge.
Count vs Distinct Count
Count = lignes ; Distinct Count = valeurs uniques (le vrai nombre de clients).
Slicer vs volet Filtres
Slicer = filtre visible sur la page ; volet = filtre visuel / page / rapport.
Sanity check
Plausible ? D'où vient le chiffre ? Le réflexe qui évite les fausses conclusions.
Suite du parcours
On sait explorer. Reste à créer nos propres indicateurs : taux de marge, CAC, ratios à la volée. C'est le rôle du DAX, le langage de calcul de Power BI.

Ouvrir le module 5 — DAX