CK Labs — Head of Data & Analytics, Sephora
Formation Power BI
Module 1 sur 8 · Intro : le piège Excel
Module offert
Le piège Excel
Pourquoi le reporting manuel récurrent vous enferme dans la description des chiffres — et ce qu'un outil de BI change vraiment.
Module 1 / 8 Offert Fondations
Support 0
Intro
Pour qui, pourquoi Power BI, comment suivre.
Module 1
Le piège Excel
Pourquoi le reporting manuel vous enferme.
Module 2
Pourquoi Power BI
Le dernier kilomètre : de la donnée à la décision.
Module 3
Charger un fichier
Power Query : importer, nettoyer, fiabiliser.
Module 4
Découvrir & explorer
Métriques, dimensions, slicers, sanity check.
Module 5
DAX
Colonne vs mesure, DIVIDE, CALCULATE.
Module 6
Modélisation simple
Clés, cardinalité, schéma en étoile.
Module 7
Modélisation complexe
Multi-sources, calendrier, CAC / ROAS / budget.
Module 8
Récap & aide-mémoire
Fiches DAX, étoile, bonnes pratiques.
Bonus
Power BI & IA
L'ère agentique : piloter, mesurer, arbitrer.
À quoi sert ce module
On commence par le problème, pas par l'outil. Tant qu'on n'a pas senti où Excel nous enferme, on ne comprend pas pourquoi Power BI existe. Ce module pose la mécanique mentale du data analyste : penser en jeu de données, en maille, en métriques et dimensions — et voir la différence entre décrire un chiffre et l'analyser.
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Le piège Excel : quitter la description pour la décision

Excel n'est pas le problème. Le reporting récurrent, si.

Excel est un excellent outil. Il est flexible, il permet de modifier un chiffre à la main, de tester une hypothèse, de bricoler une projection. C'est parfait pour de l'analyse ponctuelle, un one-shot, de l'ad hoc qui n'a pas vocation à être réutilisé.

Le piège n'apparaît pas là. Il apparaît dès qu'un reporting devient récurrent : la même scorecard, chaque semaine, avec le même enchaînement de manipulations à refaire à la main. Là, Excel se retourne contre vous.

Où Excel reste imbattable
Modifier un paramètre à la main : « je projette 10 % de croissance par an pendant 10 ans… et si c'était 20 % ? ». Gérer un backlog, des tickets, des lignes budgétaires. Une simulation qu'on triture manuellement. Pour tout ce qui est jetable et manuel, Excel est excellent. Le mot d'ordre : pas d'ad hoc récurrent. Un ad hoc, ça ne se réexploite pas.

L'exemple du cours : une scorecard hebdomadaire

Dans la vidéo, on part d'un cas concret : le responsable d'un service de vélos en libre-service (des stations, des vélos mécaniques et électriques) qui doit suivre son activité chaque semaine. Sa scorecard affiche le top des stations au départ et à l'arrivée, le nombre de trajets par jour, la répartition des durées de trajet, et deux indicateurs plus fins : stations saturées (overcrowded) et stations déficitaires.

Au départ de cette scorecard, il y a un fichier brut — un extract fourni par l'IT, souvent tiré d'un cube. Et c'est là que tout commence, parce que la donnée brute est à la fois une bénédiction et un fardeau.

Maille et granularité : la première notion de data

La maille (ou granularité), c'est le niveau de détail d'une ligne. Dans la donnée brute de l'exemple : 1 ligne = 1 trajet. Chaque ligne porte un identifiant de course, un identifiant de vélo, une station de départ et d'arrivée, une date et une heure de début et de fin, une durée. C'est la donnée la plus granulaire, la plus précise — et donc celle avec laquelle on peut tout faire.

Face à elle, la donnée consolidée est déjà agrégée : quelqu'un a compté, résumé, préparé. Pratique, mais deux pièges :

Les vraies limites d'Excel

Limite 1 — la volumétrie

Contrairement à l'impression d'« infinité de cellules », Excel est plafonné : environ 1 048 576 lignes (220) et des colonnes jusqu'à XFD. Un million de lignes paraît beaucoup ; en réalité, pour de la donnée brute à la maille du trajet, c'est vite atteint — d'où des rapports limités à deux semaines de données au lieu d'un historique complet.

Pire : bien avant le million, Excel rame. Au-delà de ~10 000 lignes retravaillées, dès qu'on croise, qu'on ventile, et surtout qu'on fait des count distinct (compter les valeurs uniques — coûteux en calcul), l'outil bugue, tourne à l'infini, se fige derrière un voile blanc. Le tout, forcément, à 23 h la veille d'une présentation.

Limite 2 — la donnée « couchée sur papier »

Dans un tableur, on applique une formule à une cellule — à un emplacement, pas à un champ. La donnée est « couchée sur papier » : figée, matérielle, transformée à la main. On écrit la formule dans une cellule, puis on l'étend. La moindre erreur de copier-coller, un $ oublié dans une référence, et l'erreur se répand partout : #REF!, #N/A, des résultats faux qui contaminent le fichier.

Ajoutez que ces fichiers sont souvent hérités, passés de main en main, jamais construits from scratch : difficiles à maintenir, truffés de rustines. Ce n'est pas votre faute — c'est la nature de l'outil.

Le changement de mentalité
Dans Power BI (comme en SQL ou Looker Studio), on ne touche pas une cellule : on prend un champ et on lui applique une transformation. Le calcul se propage, se réutilise, se ré-agrège automatiquement. La donnée devient un objet vivant, numérisé, exploitable à souhait — au lieu d'un dessin figé qu'on retouche manuellement.

Limite 3 — faible sur les deux piliers de la data

Il y a deux grands usages de la data : l'exploration (naviguer, tester des angles) et le reporting (mettre à jour des scorecards régulières). Excel est faible sur les deux :

Métrique et dimension : le couple fondamental

Penser comme un analyste, c'est arrêter de voir des « lignes et colonnes » et commencer à voir des métriques et des dimensions.

NotionCe que c'estExemples
MétriqueUne valeur qu'on mesure et qu'on agrègeVolume de trajets, somme des durées, nombre de stations
DimensionUn axe de lecture, une catégorieID de course, station, date, heure de la journée

Un des principes fondamentaux de la data : répartir des métriques par des dimensions. « Le nombre de trajets » (métrique) « par jour » (dimension). « La durée moyenne » « par tranche de 10 minutes ». Attention au piège : un pourcentage du total n'est pas une métrique — c'est une manière de calculer une métrique.

Le vrai coût : décrire au lieu d'analyser

Le coût du reporting Excel manuel n'est pas seulement le temps perdu. C'est que pendant qu'on consolide, qu'on recolle, qu'on actualise, on ne fait que décrire ce qui s'est passé — sans jamais analyser ni décider. On reste bloqué sur la marche la plus basse de l'analyse, avec en plus des données incomplètes.

La boucle à casser
Répondre à un besoin ponctuel dans Excel vous soulage aujourd'hui. Mais dans deux semaines, un nouveau problème arrivera, et vous n'aurez toujours pas la clé. Monter en compétence, c'est s'offrir la liberté de répondre à toutes les situations — pas de coller une rustine de plus.

Un outil de BI casse cette boucle : la donnée se met à jour seule, l'énergie repart vers l'analyse et la décision. C'est exactement ce que Power BI va nous permettre de faire — d'abord sur la donnée, ensuite sur le pilotage.

Fiche mémo — le piège Excel en un coup d'œil
Bon pour l'ad hoc
One-shot, simulation à la main, backlog, lignes budgétaires. Jamais pour du récurrent.
Plafond ~1 million de lignes
2²⁰ lignes, colonnes jusqu'à XFD. Ça rame bien avant, surtout sur les count distinct.
Donnée couchée sur papier
On calcule une cellule, pas un champ. Une erreur de copier-coller se répand partout.
Maille / granularité
Le niveau de détail d'une ligne. Brut = 1 ligne = 1 événement ; consolidé = déjà agrégé.
Métrique vs dimension
Métrique = valeur mesurée ; dimension = axe de lecture. Analyser = croiser les deux.
Décrire ≠ analyser
Le reporting manuel décrit le passé. La BI libère le temps pour analyser et décider.
Suite du parcours
Maintenant qu'on a senti le problème, le module 2 explique ce que Power BI change concrètement : le « dernier kilomètre » de la donnée, de l'information brute à l'action.

Ouvrir le module 2 — Pourquoi Power BI